Rue Bonaparte, un décor XVIIIe où le papier dominoté se voit et s’achète
Papiers dominotés, tissus, carnets et coussins réunis dans un décor pensé comme un appartement du XVIIIe siècle, à deux pas de Saint-Germain-des-Prés.
En bref
- Adresse : 2 rue Bonaparte, Paris 6e, métro ligne 4, station Saint-Germain-des-Prés.
- Au rayon des achats : papiers peints, tissus, frises, carnets, boîtes, coussins et abat-jour.
- Deux ateliers : planche de bois à Paris, rouleaux imprimés à la machine en Bretagne.
- Une marque présente dans près de 50 points de vente et 13 pays.
Entre antiquaires et éditeurs de tissus, la rue Bonaparte accueille désormais une adresse consacrée au papier d’autrefois. La maison Antoinette Poisson y présente des décors inspirés du XVIIIe siècle, avec pour spécialité le papier dominoté, que l’on peut admirer ou rapporter chez soi sous forme de papeterie.
Une adresse pensée comme un appartement
Selon Le Figaro, le lieu est conçu à la façon d’un appartement intimiste du XVIIIe siècle. Avant l’arrivée de la maison, il a servi d’atelier à un encadreur, puis d’espace d’exposition à une galerie d’art contemporain. D’après Sortir à Paris, la boutique a ouvert en 2026.
Le quartier, selon Le Figaro, donne le ton avec ses nombreux antiquaires et ses éditeurs de tissus et de papier peint. Le journal décrit un sol en terre cuite, un plafond tout en couleur et du papier dominoté sur les murs.
Ce que l’on y trouve
Le choix va des grands formats aux petits achats :
- papiers peints, tissus et frises décoratives ;
- carnets, cartes et boîtes ;
- coussins, abat-jour et petits accessoires.
Le papier dominoté demeure un choix décoratif plutôt pointu et onéreux, note Le Figaro. Les objets de papeterie constituent donc une entrée plus abordable dans l’univers de la maison. Le quotidien cite aussi la maroquinerie et divers objets décoratifs, ainsi que des boîtes de mariage en papier mâché, emblématiques du XVIIIe siècle, décorées à la main dans l’atelier parisien.
Du papier dominoté à la marquise de Pompadour
En France, le papier peint dominoté apparaît dès 1720, dans la foulée de l’interdiction des Indiennes par Louis XIV. Les graveurs de planches se tournent alors vers le papier, qu’ils fabriquent à partir de produits recyclés comme de vieux vêtements ou des chiffons. Les feuilles étaient imprimées à partir de planches gravées, puis colorées à la main, avant d’être collées bout à bout sur le mur après découpe des bordures blanches.
La maison a vu le jour en 2012, fondée par Vincent Farelly et Jean-Baptiste Martin, tous deux restaurateurs du patrimoine. Son nom est un clin d’œil à Jeanne-Antoinette Poisson, marquise de Pompadour, qui a vécu à l’âge d’or du papier dominoté. Les deux amis, rencontrés sur les bancs de l’école, ont d’abord restauré des œuvres sur papier aux Arts décoratifs pendant une dizaine d’années, avant de vouloir créer plutôt que restaurer.
Deux ateliers, deux manières de fabriquer
| Atelier | Méthode |
|---|---|
| Saint-Sabin, Paris 11e | Impression à la planche de bois, coloration au pochoir |
| Bretagne, ouvert il y a trois ans | Papier en rouleau, fabriqué à la machine par impression pigmentaire |
À Paris, la planche gravée est encrée au rouleau, posée sur la feuille puis passée en presse, ce qui donne un papier d’une seule couleur que le pochoir vient compléter. Pour cette part artisanale, Jean-Baptiste Martin et Vincent Farelly, fondateurs de À Paris chez Antoinette Poisson, affirment : « Nous travaillons vraiment avec les techniques que l’on utilisait au XVIIIe siècle ». Le travail à la main ajoute, selon eux, de l’ancrage et de la profondeur aux traits.
Le second atelier répond à un souci d’accessibilité. Vincent Farelly, fondateur, souligne : « L’impression est de très haute qualité ». Les couleurs, très mates et profondes, résistent bien à la lumière, ce qui convient aux salles de bains, que l’atelier tapisse souvent.
Une marque qui s’exporte
La marque a collaboré notamment avec Gucci, Sézane, le Château de Versailles, Fragonard et Ladurée. Selon Point de Vue, la maison de couture italienne avait retenu en 2019 ses motifs pour environ vingt créations de sa collection Cruise 2019. Jean-Baptiste Martin, cofondateur de À Paris Chez Antoinette Poisson, disait alors : « Tout se fait naturellement, les projets viennent à nous ».
Photo : Mathias Reding / Pexels
